RETOUR AU SOMMAIRE

1. Le burnout, en quelques mots

Au travers de ces quelques articles, le burnout vous sera présenté de manière exhaustive : prévention, caractéristiques du burning out, point de rupture, l’après burnout, le retour à l’emploi ou même l’état actuel de la considération du burnout au niveau légal. Notre objectif : vous fournir un maximum d’informations pour vous aider à prévenir, gérer et surpasser le burnout.

Pour commencer, qu’est ce que le burnout ?

Le burnout, ou syndrome d’épuisement professionnel, est un trouble caractérisé par trois facettes : l’épuisement professionnel, le détachement émotionnel et la perte d’épanouissement et d’efficacité professionnelle. En situation de burnout, le travailleur est épuisé tant physiquement que psychologiquement car celui-ci a subi une période de stress et d’anxiété qui a consommé toutes ses ressources. Les conséquences sont palpables et concernent tant l’estime de soi, la dégradation des relations interpersonnelles et de la performance au travail, que la santé physique du travailleur. Le burn out est un mal lié au monde du travail et peut toucher toutes les personnes qui exercent une activité professionnelle, sans distinction de statut, de secteur d’activité, de genre, d’âge… Une étude menée par le cabinet Technologia a d’ailleurs estimé qu’entre 7 et 10% des salariés français étaient concernés par le burn out.

Le burnout s’exprime au travers de 3 facettes :

1. L’épuisement professionnel :

  • Fatigue extrême dûe à une exposition continue à des facteurs de Risques Psycho-Sociaux (le manque de reconnaissance ; la surcharge de travail ; les relations de travail difficiles ; les demandes incessantes ; le sentiment d’échec ou de frustration ; les conditions de travail très exigeantes, le manque de ressources et d’appui pour y faire face…).
  • Insuffisance des temps de repos habituels (sommeil, week-end, congés, etc.) à soulager cette fatigue qui devient alors chronique.

2. Le détachement émotionnel :

  • Attitude devenue négative, dure, détachée, vis-à- vis de son travail et des autres (collègues, encadrement, clients, patients, etc.).
  • Désengagement de son travail, de la structure dans laquelle le travailleur évolue.
  • « Déshumanisation » inconsciente des autres, en mettant l’entourage à distance.
  • Auto-préservation face aux exigences (émotionnelles) du métier auxquelles la personne ne peut plus faire face.
  • Réduction de l’investissement et le développement de conceptions péjoratives, cyniques, sur les personnes pour qui ou avec qui le travailleur est censé travailler.

3. La perte d’épanouissement et d’efficacité professionnelle :

  • Perte de l’accomplissement personnel,
  • Dévalorisation de soi,
  • Sentiment d’inefficacité dans son travail.

Plusieurs éléments peuvent favoriser l’émergence du burnout chez un travailleur.

1. Des caractéristiques provenant du travail :

  • L’intensité et temps de travail : la surcharge sous-entend l’inadéquation entre d’une part les objectifs et d’autre part les moyens, compétences et outils accordées au travailleur pour mener à bien la réalisation des-dits objectifs. L’importance de la charge de travail apparaît particulièrement déterminante dans l’émergence du burnout.
  • Les exigences émotionnelles : certaines relations avec le public peuvent s’avérer émotionnellement exigeantes pour le travailleur : violences verbales ou physiques, contacts difficiles avec le public, obligation d’afficher des ressentis exagérés ou inexistants…
  • Le manque d’autonomie : le manque d’autonomie se traduit, entre autres, par de faibles marges de manœuvre dans la manière de faire son travail, des contraintes de rythme de travail, voire la sous-utilisation des compétences. Pour autant, laisser les travailleurs «se débrouiller» en leur donnant des objectifs flous peut aussi être source de mal-être.
  • Les mauvais rapports sociaux et relations de travail : ceux-ci reposent, notamment, sur : la clarté des objectifs, l’absence de solidarité entre collègues, l’occurrence de violences internes, l’absence de reconnaissance, un encadrement peu ou pas présent…
  • Les conflits de valeur et la qualité empêchée : la perte du sens de son travail, l’incapacité d’en trouver, avoir l’impression de faire un travail inutile tout en s’y accrochant tout de même peuvent peu à peu mener au burnout.
  • L’insécurité de la situation de travail : celle-ci est liée à la peur de perdre son emploi, aux retards dans le versement des salaires, à la précarité d’un contrat, mais peut aussi concerner l’incertitude sur l’avenir de son métier, la peur de devoir changer de qualification ou de métier sans y être préparé, etc.

2. Caractéristiques liées à l’individu :

  • L’émergence du burnout peut aussi être lié à des caractéristiques qui concernent directement l’individu, comme une certaine instabilité émotionnelle ou un caractère consciencieux.
  • Un autre aspect à prendre en compte est l’importance que peut revêtir le travail dans la vie de l’individu. En effet, l’activité professionnelle peut véhiculer du sens et refléter des valeurs fondamentales pour le travailleur. Ainsi c’est au travers de son travail qu’il se sent utile et s’accomplit, ce qui se traduit par un fort engagement.

Le burnout se définit donc au sein d’un contexte professionnel donné et est le résultat d’une exposition chronique et/ou importante aux facteurs précédemment énoncés. Cette exposition crée un déséquilibre important pour l’individu car ces facteurs sont présents en sur-nombre et ne sont plus compensés par les ressources suffisantes (moyens, soutien, etc.) pour faire face aux exigences du travail, et compte tenu des valeurs du métier exercé.

Quelques exemples de mesures préventives…

…pour soi :

  • Apprendre à dire non et déléguer,
  • Prendre le temps de « décrocher » du travail et des technologies pour se réserver du temps à soi,
  • Faire du sport pour se maintenir en forme mais aussi favoriser la santé psychologique,
  • Au travail, se fixer des objectifs réalistes et prioriser ses tâches.

…pour l’entreprise :

  • Informer et former les travailleurs : faire savoir que le burn-out ne dépend pas de la « fragilité » ou, à l’inverse, du surinvestissement individuel dans le travail ;
  • Agir sur les facteurs de RPS ;
  1. S’assurer des temps de repos de chacun ;
  2. Dialoguer avec les salariés sur les objectifs, les horaires de travail, pour instaurer une confiance mutuelle qui permet les confrontations instituées.

Ainsi la prévention du burn out passe par la responsabilisation de chacun.


Table des abréviations :

RPS : Risques Psycho-Sociaux