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6. Le retour à l’emploi

Le retour à l’emploi doit être favorisé par l’environnement personnel et professionnel, tout en respectant un espace et un temps intermédiaire sécurisant pour l’individu dont l’identité professionnelle a été bousculée par l’épisode d’épuisement.

Pour le travailleur, une réflexion sur soi en amont

Le burnout doit constituer une étape de réflexion sur le sens que la personne donne à son travail et sur ce qui est important à ses yeux. Celle-ci éprouve généralement des craintes et des incertitudes : peur de se retrouver confrontée à un travail qu’elle ne pourrait accomplir, au regard des autres (encadrants, collègues, etc.), peur de rechuter, peurs multiples liées à la perte de confiance en ses capacités professionnelles après un arrêt de travail vécu comme un échec.

Ce n’est qu’en ayant fait le point qu’un nouveau projet professionnel solide peut se construire.

Le retour à l’emploi ne pourra donc être envisagé que progressivement, après une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail, et avec un accompagnement du travailleur voire de l’équipe de travail et du manager.

Il faut pouvoir éviter tout risque de rechute. À son retour, le travailleur ne doit pas retrouver un cadre de travail identique. Une réflexion doit être menée par les différents acteurs de l’entreprise pour changer l’organisation du travail, examiner les possibilités de ré-orienter l’activité ou l’opportunité de définir un nouveau projet professionnel.

Pour l’entreprise, de l’anticipation

Le retour au travail d’un salarié après un burnout est trop souvent un échec (plus de 50% de rechute après 2 ans). Les entreprises doivent agir et anticiper le retour du salarié. Lorsqu’il réintègre son poste, celui-ci ne peut pas constater que « rien n’a changé », ou que l’entreprise « n’a rien appris » de ce qui lui est arrivé.

Ainsi, plusieurs actions doivent être mises en place :

  • Dès le diagnostic de burnout posé, l’entreprise doit analyser les causes organisationnelles qui ont contribué au burnout et engager un plan d’actions adéquats ;
  • Elle doit entreprendre une réflexion pluridisciplinaire (DRH, encadrement, médecin du travail, préventeur, membres du CHSCT) sur la réintégration du salarié : transformation du poste de travail, poste aménagé, affectation à un autre poste voire dans une équipe différente…. En clair, une redéfinition des objectifs et des moyens mis à disposition du salarié ;
  •  Échanger avec ce dernier en amont pour construire sa reprise ;
  • Préparer l’équipe et le manager au retour de leur collègue et à son accueil : via une sensibilisation de l’équipe sur les RPS, le burnout ;
  • Réintégrer le salarié au sein de la vie de son équipe : l’informer des changements survenus, échanger sur les attentes respectives et fixer des objectifs simples pour les premières semaines ;
  • Instaurer des temps d’échanges et de disponibilité quotidiens les premiers jours puis hebdomadaires pour faire le point avec lui pour superviser au mieux son retour.

Outil : la médiation

Pour favoriser un retour favorable au sein de l’entreprise, il ne faut pas négliger la médiation. A l’aide d’un médiateur, qui se doit d’être neutre, bienveillant, indépendant, impartial et empathique, un échange peut émerger entre le travailleur et l’entreprise. De par ce cadre protégé, chacun va pouvoir exprimer son vécu de la situation, discuter des caractéristiques et conséquences du burnout qui ont pu détériorer leur relation. Chacun va pouvoir écouter et tenter de reconsidérer le point de vue de l’autre, permettant ainsi de dissiper les incompréhensions.

L’échange favorisera l’émergence de solutions pour prévenir la rechute et le retour à l’emploi du travailleur. La médiation a également pour objectif la réparation morale des personnes en souffrance.

La médiation doit être une démarche volontaire et totalement acceptée par chacune des parties. Elle ne peut non plus avoir lieu sans la bonne foi et la volonté de compromis du travailleur et de l’entreprise.

Si le retour est inenvisageable

Le salarié peut aussi ne pas être en mesure de reprendre son poste de travail. Il faut alors envisager sa réorientation professionnelle. Dans cette situation, il reste primordial que l’entreprise propose un accompagnement soutenu : bilan de compétences ou formations pour lui permettre de rebondir sur un nouveau projet professionnel.


Table des abréviations

CHSCT : Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail

DRH : Directeur des Ressources Humaines

RPS : Risques Psycho-Sociaux