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5. Le parcours post-burnout

Pour se remettre d’un burnout :

1. Les acteurs à solliciter :

  • L’entourage

Le rôle de l’entourage est primordial, ce sont souvent les personnes de l’entourage qui peuvent agir pour sonner l’alarme. Il est bon alors de développer à l’égard des personnes en syndrome d’épuisement : de la bienveillance, de la douceur, de la compréhension car il faut parfois beaucoup de temps pour récupérer.

  • Le médecin généraliste

Le médecin généraliste représente un soutien psychologique évident. De part sa connaissance du patient, il est souvent le mieux placé pour constater tant la dégradation de son état de santé que la dégradation des conditions de travail. En plus des actes médicaux proprement dits (prescription médicale) et du suivi, il assume des actes administratifs (certificats) importants pour préserver les intérêts du patient, le médecin généraliste a également un devoir d’assistance morale qui consiste à contacter le médecin du travail (avec l’accord du patient)  pour évoquer les hypothèses de règlement de la situation. Dans l’intérêt du patient, la collaboration et la concertation avec le médecin du travail sont indispensables.

  • Les praticiens des consultations de pathologies professionnelles et des consultations spécialisée « souffrance et travail »

Ces consultations multidisciplinaires (psychiatres, médecins du travail, juristes, psychologues, etc.) ont vu le jour dans de nombreuses régions de France. Le travail en réseau permet une prise en charge plus réactive des personnes en souffrance. Ces consultations proposent des entretiens à diverses visées, telles que l’expertise psychologique ou le conseil juridique par exemple. Elles permettent d’apporter un avis extérieur complémentaire et une compréhension de ce qui s’est passé, le but étant d’aider le salarié à reprendre le cours de sa vie.

  • Le psychiatre et le psychologue

Une prise en charge psychothérapeutique des personnes en situation de souffrance au travail est souvent nécessaire, même lorsqu’elles ne sont plus confrontées à la situation ayant engendré le burnout. Idéalement, cette  prise en charge doit être instaurée sans trop attendre. L’accompagnement psychologique a son importance tout le temps que les démarches administratives et/ou juridiques sont en cours, ainsi qu’au moment du retour à l’emploi.  De plus, certains psychiatres et/ou psychologues vont être amenés à rédiger des certificats qui constitueront des pièces majeures dans le dossier de leurs patients.

  • Le médecin conseil de la sécurité sociale

Le médecin conseil de la sécurité sociale joue un rôle important dans la transformation de la maladie en accident du travail ou en maladie professionnelle lorsqu’il juge qu’elle est en lien avec l’organisation du travail. Il détermine aussi le taux d’IPP (incapacité permanente partielle) sur lequel sera basé le montant de l’indemnité versée à la personne victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, et c’est lui qui décide de la validation ou non des arrêts de travail ainsi que des reprises à temps partiel thérapeutique. En outre, il est décisionnaire sur l’attribution d’un arrêt longue maladie de plus de 6 mois ou d’une invalidité 1,2 ou 3ème catégorie (au bout de la 3ème année d’arrêt-maladie au plus tard).

  • La médecine agréée dans la fonction publique ou les régimes spéciaux

Les médecins agréés sont des médecins généralistes ou spécialistes chargés de procéder à l’examen médical des salariés afin de donner des avis d’aptitude. Ces avis peuvent être demandés avant que la décision soit prise d’accorder au salarié un arrêt maladie ou longue maladie ou avant d’envisager une reprise du travail. Siégeant au sein d’un comité médical ou d’une commission de réforme, ils informent le médecin du travail des conclusions des commissions de réforme.

  • Les avocats et les défenseurs syndicaux

Les avocats en droit du travail peuvent être des acteurs indispensables. Ils seront à même de vous aider à connaître vos droits et obligations vis à vis de votre employeur si la situation devient délicate.
De même, ils vous expliqueront les droits et obligations de votre employeur en matière de bien-être au travail et de gestion des RPS, de contrat de travail, voire de licenciement.

2. Mettre en place une thérapie douce :

  • Un naturopathe pour rétablir l’équilibre par des moyens naturels,
  • Un psychothérapeute ou thérapeute en PNL, hypnose etc. pour une thérapie brève et orientée sur les solutions,
  • Acupuncture, énergéticien, shiatsu, etc. Le généraliste qu’est le naturopathe des médecines douces saura vous guider vers les techniques les plus judicieuses pour récupérer et éventuellement vous donner des adresses,
  • Un coach pour vous aider à faire le point par rapport à votre travail, votre environnement professionnel et votre carrière. En intervenant généralement vers la fin de votre convalescence, il vous préparera au retour au travail en vous aidant à équilibrer votre vie privée et vie professionnelle, tout en prenant en compte vos nouvelles dispositions et aspirations.

Les points importants résident dans le fait  :

  • De restaurer la santé grâce à l’alimentation (pour récupérer de l’énergie),
  • De restaurer un sommeil de qualité,  grâce à la mise en place de petits points essentiels au retour à l’équilibre (respiration, couchers et levers à heures fixes, limitation des écrans à lumière bleue surtout le soir, sorties au grand air…),
  • de s’occuper de la gestion du stress et des émotions. Quand cela est possible, il est bon d’associer une ou des techniques de relaxation ou de méditation.

Avant tout, il faut retrouver l’équilibre de ses besoins essentiels primaires. Il est bon aussi d’être conscient qu’il a fallu du temps pour dégrader le système nerveux qu’il en faudra tout autant pour restaurer les ressources internes.

Une fois le creux de la vague passé, les burnouts sont souvent le moment de prises de conscience importantes qui permettent de prendre du recul sur une situation néfaste et de définir de nouvelles priorités.

Pour entamer une demande de reconnaissance en tant que maladie professionnelle :

La loi relative au dialogue social et à l’emploi, dite « loi Rebsamen », promulguée le 17 août 2015 constitue une étape supplémentaire vers la reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle. En effet, elle a complété l’article L.461-1 du Code de la Sécurité sociale qui dispose que « les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle ».
Le burn-out n’est pas désigné dans le tableau de maladies professionnelles et le salarié doit donc prouver que sa maladie est directement et exclusivement liée à sa profession et que cette profession l’a plongé dans un état de maladie le rendant, au moins partiellement, incapable de retravailler.
La reconnaissance doit être sollicitée auprès de la CPAM au travers de l’envoi d’une déclaration sur formulaire « Déclaration de maladie professionnelle ou demande motivée de reconnaissance de maladie professionnelle », de certificats médicaux et du formulaire de demande de reconnaissance de maladie professionnelle.
La CPAM évaluera ensuite le taux d’incapacité de travail du salarié : si ce taux est supérieur à 25% et s’il y a un lien direct entre la maladie et le travail, la CPAM transmettra la demande de reconnaissance de maladie professionnelle au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).
Si la maladie professionnelle est reconnue, le salarié pourra bénéficier de la réparation de ses dommages corporels, de l’octroi d’indemnités journalières en cas d’interruption temporaire de travail et d’une rente en cas d’incapacité permanente.

Lettre à l’employeur pour déclaration en Accident du Travail

Faire une lettre à l’employeur pour demander la déclaration en arrêt de travail, si l’arrêt de travail est consécutif à un événement survenu au travail ou une situation due au travail. Il arrive que le médecin qui prescrit l’arrêt indique « stress post – traumatique » ou « syndrome dépressif réactionnel ». Ce sont autant de raisons de demander que cela soit imputé à l’entreprise et non pas à une maladie du salarié. La sécurité sociale fait une enquête. Les enquêteurs de la sécurité sociale vont se rendre dans l’entreprise pour entendre des personnes de l’environnement de travail.

Rupture de contrat par demande de résiliation judiciaire

Dès lors que des manquements de l’employeur à son obligation de sécurité de résultat sont considérés, la rupture de contrat est alors requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Une telle qualification ouvrira droit pour le salarié au paiement de son indemnité de licenciement (s’il dispose de plus d’un an d’ancienneté), de son indemnité de préavis et des congés payés afférents et de dommages et intérêts dont l’importance sera fonction des effectifs de la société, de l’ancienneté, des conditions de la rupture etc.
De même, le salarié en burn-out reconnu inapte par le médecin du travail et dont le reclassement s’avère impossible, pourra faire l’objet d’une mesure de licenciement pour inaptitude professionnelle.


Table des abréviations

AT : Accident du Travail

CPAM : Caisse Primaire d’Assurance Maladie

CRRMP : Comités Régionaux de Reconnaissance des Maladies Professionnelles

IPP : Incapacité Permanente Partielle

PNL : Programmation Neuro-Linguistique

RPS : Risques Psycho-Sociaux