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4. la rupture, le burnout

Malheureusement, de nombreuses personnes s’accrochent à leur travail jusqu’au point de rupture, jusqu’au burnout.

La chute survient souvent brutalement : « un matin, plus rien », « K.O technique », « je ne pouvais plus me lever ». Il n’est pas rare non plus que la rupture survienne peu de temps après l’arrêt du médecin (sorte de décompensation).

À ce stade, les principaux symptômes sont :

  •  Épuisement total,
  •  Ralentissement moteur,
  • Besoin de beaucoup dormir.

Paradoxalement, il y a aussi une grande difficulté à ne rien faire et à se reposer.

Que faire face à une situation de burnout, en tant que salarié ?

La prise en charge d’un travailleur en burnout est à adapter selon la sévérité des symptômes associés. Elle se fait en plusieurs temps, incluant le plus souvent un temps d’arrêt de travail, permettant de :

  • Se reposer,
  • Reconstruire une perception saine du travail,
  • Réfléchir et faire renaître le désir de travailler,
  • Le retour au travail.

1. Le salarié doit avant tout consulter son médecin traitant qui effectuera un bilan de santé et statuera sur la nécessité d’un arrêt.

  •  La durée moyenne des arrêts maladie pour burnout est de 6 à 18 mois, contre 3 mois pour les autres AT/MP.

Ces arrêts sont compliqués à gérer pour l’employeur car ce sont des arrêts renouvelés au fur et à mesure : ainsi, le poste doit être gardé sans connaître la date (éventuelle) de retour du travailleur.

2. Face au burnout, le salarié peut également réagir pour remédier à la situation mais également garantir ses droits.

Ces actions sont multiples et peuvent être conjointes :

  • Alerte de la situation auprès des collègues, du N+1, du service des ressources humaines ;
  • Rapprochement et information des institutions représentatives du personnel (délégué du personnel, CHSCT etc.) ;
  • Demande de visite auprès de la médecine du travail ; C’est un droit. Le médecin a une obligation de confidentialité avec le secret médical. Pour autant, il pourra faire état de problèmes dans l’entreprise sans cibler directement les personnes concernées.

NB : Si le burnout est la conséquence d’une situation de harcèlement moral, le Code du travail permet également au salarié victime de demander la mise en place d’une médiation sur le fondement de l’article L.1152-6 du Code du travail. Ainsi, il est bon de réaliser un historique de la situation (date d’entrée dans l’entreprise, dates et faits qui se sont produits, témoins, personnes présentes…)
Cela permettra de se distancier des faits, premièrement, mais aussi de commencer à construire une défense, pour les prud’hommes ou au pénal.

Que faire face à une situation de burnout, au niveau collectif ?

La survenue d’un cas de burnout doit vivement alerter l’entreprise et l’inciter à mettre en place une démarche fiable de prévention. À défaut, les mêmes risques pourraient aussi amener d’autres travailleurs à subir un burnout. Cette approche collective permettra aussi de protéger le travailleur ayant subi ce burnout, d’encadrer son retour, et de prévenir les risques de rechute.


Table des abréviations

AT : Accident du Travail

CHSCT : Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail

MP : Maladie Professionnelle

N + 1 : Supérieur hiérarchique direct