3. La chute, le burning out

La chute est systématiquement précédée d’une phase relativement longue dite de « burn-in » durant laquelle une fatigue et un stress intense s’installent. Les temps de repos sont inefficaces.

En effet, au travail, le salarié a besoin d’un équilibre entre son environnement et sa situation de travail d’une part et les ressources dont il doit faire preuve pour s’y adapter d’autre part. Lorsque cet équilibre commence à se rompre, émerge alors une certaine tension. Celle-ci peut tout à faire être bénigne, et concerner une période de surcharge de travail isolée par exemple. Suite à celle-ci, le corps aura besoin d’un certain temps de repos pour parer à cette période de tension.

Or, si cette pression devient chronique, et que le corps ne peut reconstruire ses ressources, alors le cercle vicieux commence. Le travailleur devient fatigué, moins efficace, ayant des difficultés à se concentrer, passe plus de temps à faire certaines tâches ou vérifier son travail, débauche tard, travaille depuis chez lui le soir, puis finit par ne plus débrancher…

Symptômes du burnout

Le burnout se caractérise par plusieurs symptômes :

1. Manifestations émotionnelles :

  • Peurs indéfinies, tensions nerveuses, humeur triste, manque d’entrain.
  • Caractère irritable, tendu, hypersensible, apathique.

2. Manifestations physiques :

  • Troubles du sommeil, une fatigue chronique due à un sommeil qui n’est plus réparateur,
  • Douleurs aux cervicales,
  • Troubles musculo squelettiques (TMS),
  • Boule au ventre liée à un stress musculaire,
  • Tensions musculaires avec des douleurs rachidiennes (dos, nuque),
  • Parfois une prise ou une perte soudaine de poids,
  • Maux de tête, nausées, vertiges,
  • Constipations, diarrhées, mauvaise haleine fréquente,
  • Infections cutanées, mycoses, eczéma …

3. Manifestations cognitives :

  • Diminution de la concentration,
  • Difficultés à réaliser plusieurs tâches à la fois, à nuancer, à prendre des décisions,
  • Erreurs mineures, fautes, oublis…

4. Manifestations comportementales ou interpersonnelles :

  • Repli sur soi,
  • Isolement social,
  • Comportement agressif, parfois violent, traduisant une diminution de sa tolérance à la frustration qu’il ressent professionnellement,
  • Moins enclin à l’empathie,
  • Ressentiment et hostilité à l’égard des personnes cotoyées dans son travail,
  • Comportements addictifs peuvent apparaître face à la tension ressentie : tabac, alcool, tranquillisants, drogues,
  • Se sentant déprécié dans son travail, l’individu peut se désengager progressivement.

5. Manifestations motivationnelles ou liées à l’attitude :

  • Baisse de motivation,
  • Moral en berne,
  • Effritement des valeurs associées au travail,
  • Sentiment d’être pris au piège et douter de ses propres compétences,
  • Remise en cause professionnellement,
  • Dévalorisation.

Mais il y a aussi une forte situation de déni : Le burnout peut être perçu comme un mal honteux, révélant une “faiblesse” de la personne qui ne peut plus faire face. Ainsi, le déni associé à ce syndrome est extrêmement présent.

Le burnout est un mal multifactoriel : les personnes souffrant d’un ou de plusieurs symptômes cités ne sont pas forcément en risque de burn out. En revanche, si plusieurs de ces symptômes se manifestent en même temps et de manière chronique, il est temps d’y prêter attention et de s’alarmer.

Le burnout est une vraie fuite en avant :
• Déni des manifestations même si on les remarque,
• Incapacité de communiquer le mal-être : on ressent mais on identifie pas,
• Incapacité à accepter de ralentir le rythme, l’individu aura l’impression de s’effondrer. Pour lui, il faut tenir coûte que coûte.

Si l’individu interrompt l’engrenage avant le point de rupture, alors un retour à l’équilibre pourra s’envisager plus rapidement et sans trop de séquelles.


Table des abréviations

TMS : Trouble Musculo-Squelettique